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05.06.2007

Etape 35 : Montabone - Acqui-Terme - Ciglione.

Les étapes se suivent et ne se ressemblent pas! Aujourd'hui sera une journée "purgatoire"!

Comme prévu, notre hôte nous conduit en voiture jusqu'à la grand'route où nous retrouvons notre colombe (que nous appelons notre "zoziau"), que nous perdons d'ailleurs assez rapidement... et nous voici engagés sur une route très fréquentée; le temps est couvert, lourd et orageux, l'horizon est bouché.

Nous traversons l'importante ville thermale d'ACQUI-TERME; nous la quittons par une montée extrêmement difficile, puis le trajet ne nous semble plus du tout évident: certaines balises prêtent à diverses interprétations et nos "lumières" conjuguées n'éclaircissent pas la situation.

Nous voici près d'une maison: les volets sont clos, on entend la télé, on frappe pour demander quelques renseignements... Pas de doute, le village que nous cherchons est bien en face de nous, la-haut sur la colline...oui, mais entre ici et là-bas, il y a une vallée profonde où paraît-il, coule un "rio"... qu'il nous faudra franchir. Il fait toujours chaud et humide. Après quelques hésitations, nous voici au rio... qui reçoit les égouts du village; l'eau, de plus, est stagnante. Le sentier est bien balisé, mais, manifestement, peu utilisé, de sorte que nous devons encore nous transformer en Indiana Jones, jouant du bâton de marche pour nous frayer un chemin. La montée est rude et sans fin.

Nous finissons par atteindre CIGLIONE. L'orage gronde... Une pancarte: "Ostello della Gioventù" nous rassure un peu. Jeunes, on doit encore l'être quelque part! Tandis que nous nous abritons sous le minuscule porche de l'église, un homme m'accompagne et va sonner chez Maria-Teresa, la responsable du lieu qui s'excuse, vu l'heure avancée, de ne pouvoir nous préparer un "minestrone" mais le menu qu'elle nous servira sera copieux et excellent...

Vu les terrains que nous avons du traverser aujourd'hui, vous ne serez pas surpris d'apprendre que quelques tiques tapies dans les herbes se sont déjà installées... Désolés, mais nous sommes sans pitié pour elles!

04.06.2007

Pouce ! (5) A mi - parcours...

D'après notre topoguide, le kilométrage total de Vézelay à Assise est de 1475 kilomètres...

Demain, sur le chemin qui nous conduira à NONE, nous serons à mi-parcours du trajet proposé... ce qui ne veut pas dire, en ce qui nous concerne, que ce soit tout à fait exact, puisque, par exemple, nous avons sauté à pieds joints le massif de Belledonne!

Nous ne sommes pas des "purs et durs" et lorsque la difficulté semble trop forte pour notre âge ou nos capacités physiques ou autres, nous n'hésitons pas à contourner l'obstacle... et tant pis pour notre orgueil blessé! C'est vrai que nous préférons le pont au gué, la barque à la nage pour traverser une rivière et nous ne refusons pas de faire quelques kilomètre en compagnie d'un automobiliste charitable!

Le pélerinage est un chemin d'humilité qui nous met bien souvent face à nos limites physiques, humaines spirituelles... et les plans échaffaudés s'écroulent parfois comme un château de cartes...

Le trajet, en France s'est assez bien déroulé car nous étions en majeure partie sur des sentiers de Grande Randonnée, sautant de l'un à l'autre. Le texte du topoguide et des extraits de carte IGN au 1/100 000° comportant le tracé des GR nous ont été précieux; il était impossible d'avoir toutes les cartes au 1/25 000!

Il est bien arrivé que nos opinions divergent dans l'interprétation de notre topoguide quant au chemin à suivre: "c'est à droite!" - "non! c'est à gauche"... "mais puisque je te dis que..." etc... "t'as pas vu la balise..."

Une trêve fut signée... et un code de bonne conduite adopté!

Nous avons alors décidé d'adopter une procédure de l'aviation commerciale! Lorsque les hôtesses ont fermé les portes de l'avion, le commandant leur donne cet ordre: "confirmez votre vis-à-vis!" et chacun de vérifier que son collègue a effectivement bien fait son travail; même chose pour nous (en toute modestie): le premier qui voyait une marque le signalait à l'autre... C'est pas beau, çà?

Celà a fonctionné... un certain temps! jusqu'au jour où... "ouais! t'as encore du te tromper..." C'est vrai que quelques choix malheureux ont eu pour conséquences des kilomètres supplémentaires... en fin de journée... Normal que cela puisse agacer!

Etape 34 : Neive - Montabone.

Encore une belle étape!

Le départ nous met tout de suite au parfum: ça grimpe! Nous sommes toujours dans les vignes et puis nous voici sur une ligne de crête: les horizons sont immenses et les paysages, magnifiques et variés.

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C'est aussi la journée des rencontres...

Des personnes âgées nous interpellent et veulent échanger quelques mots avec nous: je sors mes rudiments d'italien et l'on se comprend... un peu! Certaines, taquines, s'extasient devant notre bronzage!

Plus loin, un agriculteur, dont le petit chien nous importunait, échange aussi longuement avec nous et nous parle de sa région et de son agriculture. Ou encore cet homme qui nous avait repéré, ce matin, prés de la gare de S.Stefano Belbo et qui, nous ayant aperçu de loin, a préparé sous sa tonnelle des boissons fraîches et nous invite à nous asseoir. Hier soir, à Neive, notre hôte n'a pas attendu que nous soyons installés pour nous apporter un rafraîchissement...

En arrivant à Montabone, un peu fatigués, car nous avons fait 34 kilomètres aujourd'hui, alors que nous cherchons le B&B, un homme qui vient de perdre son épouse il y a quinze jours, nous fait monter dans sa voiture pour nous conduire, à trois km de là, chez des connaissances qui tiennent une chambre d'hôte et leur demande de nous conduire le lendemain matin jusqu'à Acqui Terme et nous fait lui promettre, si nous revenons avec notre camping-car, de lui faire une petite visite...

L'accueil dans cette ferme qui nous héberge est excellent et familial... pour un prix dérisoire et c'est "con piacere" que la dame insiste pour nous conduire sur la bonne route demain matin.

"Signes par milliers"... chantons-nous parfois, le dimanche! Il y a des jours, comme celà, où ces signes de la bonté de Dieu crèvent les yeux!

03.06.2007

Etape 33: S.Stefano Roero - Neive.

Notre étape se déroule aujourd'hui, totalement, dans un environnement de vignes. Nous ne sommes pas loin d'ASTI (l'Asti Spumante...) et d'ALBA... Les villages perchés nous ravissent, la lumière est belle: l'Italie de nos rêves, quoi!

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Bon! on s'est encore un peu trompé de route au départ de l'étape, mais le détour nous a permis de nous ravitailler en pain à CANALE, en ce dimanche matin et puis la route était en descente!

NEIVE est une bourgade perchée sur un promontoire, très belle mais la montée pour y arriver est pluôt rude, d'autant que "Messire Soleil" n'est pas tendre avec nous!

Ce soir, nous prenons le frais dans un petit jardin public, face au couchant: la lumière est magnifique, contempler l'horizon totalement limpide est un régal.

Pouce! (6) Le Cantique des Créatures de François d'Assise.

Très-haut, tout puissant et bon Seigneur,
à toi louange, gloire, honneur et toute bénédiction:
à toi seul ils conviennent, ô Très-Haut
et nul homme n'est digne de te nommer.

Loué sois-tu, mon Seigneur, dans toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière;
il est beau, rayonnant d'une grande splendeur,
et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur Lune et les Etoiles:
dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
et pour l'air et pour les nuages,
pour l'azur calme et tous les temps
par lesquels tu donnes soutien à toute créature.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu
par qui tu éclaires la nuit:
il est beau et joyeux, indomptable et fort.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur Eau
qui est très utile et très humble,
précieuse et chaste.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la Terre
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour ceux qui pardonnent par amour pour Toi;
qui supportent épreuves et maladies;
heureux s'ils se maintiennent dans la paix:
par Toi, Très-Haut, ils seront consolés.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre soeur la Mort corporelle
à qui nul homme ne peut échapper.
Malheur à tous ceux qui meurent en péché mortel;
heureux ceux qu'il surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.

02.06.2007

Etape 32: Carmagnola - San Stefano Roero.


Etape de contraste et de surprise!

Nous quittons CARMAGNOLA sous un ciel lourd. Il a plu dans la nuit et les sentiers de terre sablonneuse de cette vallée piémontaise, sont lourds et boueux; les cultures de maïs dominent et les systèmes d'irrigation sont très importants. Nous ne voyons toujours pas d'herbages alors que les cheptels aperçus dans les fermes sont imposants. Par ici, les fermes semblent riches et les maisons d'habitation qui les jouxtent sont grandes et respirent l'aisance.

Cependant, depuis quelques jours, nous sommes impressionnés de voir comment toutes les maisons sont "barricadées", enserrées de solides murs d'enceinte en fer forgé, parfois surmontés de barbelés; grilles et portails automatiques sont cadenassés et partout, cet avertissement: "attenti al cane!": les chiens, en effet, sont omni-présents. On signale même que certaines de ces bestioles sont "dressées pour l'attaque", bigre! Parfois, une pointe d'humour affleure: "attenti al cane e al padrone": "attention au chien et au patron", à moins que ce dernier ne soit armé d'un fusil: ce serait alors de l'humour noir!

Ah! les chiens! Avant, pendant et après notre passage, c'est immanquablement un concert d'aboiements qui nous accompagne: nous n'en demandons pas tant! Inutile, donc, de vouloir passer incognito dans ces fermes et villages...

A midi, nous faisons la pause casse-croûte sur la place de l'église de CERESOLE D'ALBA, avant de continuer par nos chemins d'exploitations agricoles, toujours aussi boueux. Soudain, après SAN GRATO, le paysage change presque brutalement; une côte très raide, masquée par des arbres nous rappelle que le plat pays, c'est fini! Le paysage est désormais très accidenté, avec des vallées profondes , des routes en lacets, des villages perchés qui nous rappellent ceux de Provence.

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Bref, ce nouveau paysage, nous ne l'avons pas vu venir! mais qu'il est beau!

C'est aussi une toute autre végétation: châtaigniers et tilleuls sont en fleurs et embaument la campagne. Mais nous découvrons aussi, avec surprise et pour la première fois, d'immenses vergers de noisetiers.

Nous avons quitté la Province de Torino pour entrer dans celle de CUNEO et nous sommes exactemant dans le pays du ROERO. Il y a, ici, un vignoble important reconnu en Italie pour la qualité de son vin. Nous arrivons à proximité de San STEFANO ROERO; d'impressionnantes falaises argilo-calacaires sculptent le paysage et des effondrements témoignent de la fragilité du sol.
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Notre hôtel est construit au bord de l'une de ces falaises... consolidée par un voile de béton: "ça ne sert pas à grand chose, nous dit la patronne, mais ça rassure"! Bonne nuit!

01.06.2007

Etape 31 : Sangano - None - Carmagnola.

Cette étape vers NONE ne présente pas de difficultés et se déroule dans la plaine du Piémont, très riche du point de vue agricole. L'élevage est important, les étables immenses, mais on ne voit pas de bétail dans les champs. Il fait très beau, le balisage nous aide bien... Derrière nous, les sommets enneigés des Alpes sont baignés de soleil...

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La nuit a du être bien arrosée car les chemins, le long des champs de maïs sont "gras", la terre lourde sous nos chaussures, mais qu'importe, on en a vu d'autres...
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Les 18 kilomètres entre Sangano et None sont vite avalés et nous sommes arrivés avant midi à None! Que faire?

On décide de continuer vers le terme de l'étape suivante... quitte à passer d'une extrême à l'autre en ce qui concerne le kilométrage!

Tout va pour le mieux, du moins au début, même si les premiers kilomètres le long d'une "strada provinciale" (SP), -une "départementale" de chez nous-, très passante, ne sont pas rassurants: les piétons sont quantité négligeable, on ne met même pas son clignotant pour signaler à la voiture suivante notre présence sur le bord de la route, non mais!... d'autant plus qu'il n'y a pratiquement pas d'accotement...

Tout va comme sur des roulettes jusqu'au moment où... on se trompe de chemin...encore! alors que, rétrospectivement, une simple lecture attentive du texte nous aurait évité de nous engager dans une mauvaise direction, sur au moins quatre kilomètres!

Nous voici proche d'une localité, CARIGNANO où une panneau nous indique que CARMAGNOLA est à 9 km. C'en est trop: Dédette fait du stop: un Albanais s'arrête, nous prend dans sa voiture et nous dépose au centre de Carmagnola près d'un hôtel un peu trop bien pour nous et qui indispose notre "écureuil", mais ce soir, on ne discute pas!

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