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29.03.2008
Vous exagérez !
D'accord, on veut bien vous aider et vous laisser votre petit sac sur le dos, nous on se charge de vos bagages et tout le tin-touin de la journée... ça pèse ces choses-là! et pour un peu, lorsqu'on fait une pause et que l'on se couche, vous nous traiteriez de fainéantes...
Le matin, on a à peine déjeûné qu'il faut se coucher et hop! on nous fixe sur le dos quelque chose, c'est, paraît-il pour notre confort, afin que les lourdes charges n'abîment pas notre "pelage": merci quand même!
"Voici les bêtes que l'on va charger, et qui protestent à pleine gueule, secouant la tête pour m'éclabousser de salive verte et de grosses gouttes d'herbe à demi digérée." (...)
"les chameaux, une fois sellés se sont tus, résignés". ("Méharées" p.26-27).
"Les chameaux protestent bruyamment, pour le principe, par acquit de conscience." (Idem, p.32).
Avons-nous le choix?
Par contre, il y a quelque chose qui ne nous plaît pas. Mais alors, pas du tout!
Figurez-vous qu'à peine arrivés à l'étape, nos chameliers n'ont qu'une hâte...
NOUS E N T R A V E R ! ! !
Pourtant, on se connaît depuis longtemps, les chameliers et nous, on travaille ensemble depuis belle lurette... mais non, la confiance ne règne pas!
Nous les soupçonnons de s'être laissés influencer par quelque lecture:
" 5 février. Gros retard ce matin : les chameaux se sont évadés, la nuit, du pâturage où on les avait entravés hier soir; il faut les chercher longtemps, et loin". ("Méharées", p.219).
Et c'est ainsi que nous passons les nuits entières, privées de liberté! Essayez donc, vous, de vous déplacer, ne serait-ce que pour vous dégourdir les jambes ou lutter contre le froid de la nuit, lorsque vous avez les pieds attachés!
D'ailleurs, on s'en fiche parce qu' on se ballade quand même... et à l'occasion on ne se prive pas de faire mine de partir au galop... au grand dam de nos patrons!
13:55 Publié dans EGYPTE: Désert Blanc. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
27.03.2008
Et nous, alors?!...
Non, non, je ne vous oublie pas, braves chamelles qui ployez sous le fardeau de nos choses inutiles...
- Merci! On se présente:
- moi, je m'appelle "Chams", çà signifie "soleil"!
- et moi, c'est "Zina"
Je préfère que l'on immortalise mon profil...
- moi je suis la plus jeune, je m'appelle "Warda"... "Rose", dans votre langue!
- c'est vrai, vos bagages sont lourds, et puis il faut transporter les tapis pour que ces messieurs-dames puissent s'asseoir dessus à la pause de midi... et puis, encore, le bois, l' "épicerie" de campagne et cent autre babioles! enfin, il faut bien gagner sa vie et son fourrage; quant à l'eau, on ne peut pas compter sur vous... Nos patrons, heureusement, connaissent les puits...
Nous sommes sobres, d'accord, mais il y a des limites à ne pas dépasser, quand même!
On dit, en effet que dans le Sahara;
"La distance entre deux aiguades varie de zéro à six cents kilomètres".(Méharées" p.130)
et M.Monod dit encore:
"Notre trajet Tinioulig-Araouan (2-14 mars 1935), six cents kilomètres sans points d'eau, est à compter aussi parmi les plus considérables performances" ("Méharées", p.131)
Ici, près de la route des oasis, une petite source nous suffit...
Avez-vous remarqué ces imprudents, sur la route, en plein virage? Ils font partie d'un immense troupeau qui se balade toute la journée dans le désert... en prenant bien soin de rester à une distance raisonnable de ce trou d'eau.

Parfois, le point d'eau est plus important et même le soleil vient se mirer dans l'onde pure!
et vous, comme des gamins, vous jouez avec cette eau si précieuse! Jouer avec un vaporisateur dans le désert!!! et puis quoi encore?
Pour être franches avec vous, on va vous dire pourquoi nous vous trouvons parfois méchants avec nous...
















