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20.06.2008

Sur l'Ile Kitchener.

Nous voici partis, à bord du "Milan" poussé par son petit moteur hors-bord, en direction de l'Ile Kitchener. Elle porte le nom d'un lord anglais, commandant de l'Armée d'Egypte et qui fit quelques misères aux troupes françaises à Fachoda...

Actuellement, elle porte aussi le nom de "l'Ile aux Fleurs" car elle est recouverte d'un jardin botanique comportant des plantes d'Inde, d'Extrême-Orient, d'Afrique Equatoriale. Sur la rive, en face, c'est le désert avec le Mausolée de l'Agha Khan... et de l'autre côté du fleuve, rive ouest, le désert commence à quelques dizaines de métres du fleuve.

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En ce mois de janvier, la nature est au repos... Cependant quelques fleurs agrémentent le jardin.
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Tout autour de l'île, les felouques, à l'abri du vent qui sévit toujours, transportent leur cargaison de turistes, descendus de leur gros navires...
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D'ici, encore, on a une vue presque complète sur la première cataracte du Nil.
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Sur le chemin du retour, nous croisons quelques felouques imprudentes...
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tandisque d'autres ont cargué la voile et restent sagement à l'abri!
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17.06.2008

Chez une famille nubienne.

Ce village nubien est plus étendu qu'il n'y paraît et assez peuplé car c'est dans ces villages que l'on a "relogés" les Nubiens chassés de leurs terres ancestrales, inondées par les eaux du Haut-Barrage d'Assouan (ou "Lac Nasser").

C'est un village très coloré: du bleu, des couleurs ocres, des murs en torchis et tout au long des rues ces bancs de terre, les "mastabas" sur lesquels on se repose, parfois sur une sorte de lit de paille tressée. C'est là encore, dans la rue, que l'on fait la fête, par exemple pour un mariage: on recouvre alors la rue d'une couche de sable "neuf", soigneusement étendu...

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Sur la droite, le long du mur, un(e) "mastaba".
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Nous voici arrivés dans la famille, bien connue de notre guide. Oh! pas une famille "à touristes" et dans ce village, pas de "reconstitution" de classe ou autres inventions pour touristes...

Nous nous déchaussons et sommes reçus à l'entrée de la maison sous une sorte de tonnelle couverte de feuilles de palmier.
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et, tandisque l'on chauffe l'eau pour le karkadé, nous sommes invités à faire le tour de chaque pièce de la maison, à monter sur la terrasse, à "être comme chez nous"! mais on n'ose pas trop... Alors le maître de maison nous fait tout visiter...
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d'abord la chambre à coucher, avec les explications des photos accrochées au mur; puis la cuisine, dans laquelle on ne mange pas: les repas sont pris dehors.
Et puis encore, le four à pain et la réserve d'eau, toujours fraîche dans ces jarres qui suintent en permanence...
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La cour, recouverte de sable, est soigneusement balayée: c'est là, qu'à la saison chaude, toute la famille dort...
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Une des filles de la maison, qui travaille comme vendeuse dans une boulangerie d'Assouan se fait un plaisir d'échanger avec nous en anglais.

Le karkadé est prêt, on s'installe dans ces magnifiques fauteuils fabriqués avec du palmier.
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Lorsque nous prenons congé de la famille, si chaleureuse, les enfants de la rue nous attendent... espérant quelque gâterie... en vain! Donner? pas donner? que faire?
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Notre hôte, nous ramenant sur le chemin de retour, nous fait faire un détour par ses champs.
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Il nous explique les diverses cultures et le système d'irrigation, avec quelques mots de reproche pour ceux qui, dans le village, ne respectent pas la règlementation...

Nous regagnons la felouque pour le déjeûner... Le vent est toujours aussi fort et nous "scotche" à la rive...On nous propose, alors, de prendre le bateau à moteur et d'aller visiter "l'Ile Kitchener"...

14.06.2008

Vers un village nubien.

Cette première nuit à bord? D'abord très fraîche et même froide! Le vent n'a pas cessé et ce matin, il souffle toujours aussi fort, interdisant toute reprise de la navigation. Nous resterons donc ici, sur notre "quai de limon" le temps qu'il faudra!

Nous avons été réveillés plusieurs fois par le bruit des vagues et les violents remous provoqués par les gros bateaux de croisière qui ont la bonne idée de naviguer de nuit, ballottant nos fr
êles embarcations. De plus, le niveau du Nil a baissé pendant la nuit: nous voici donc en position inconfortable, roulant sur le côté, la felouque reposant en grande partie sur le sable... mais nous verrons les jours suivants que, l'union faisant la force, les felouquiers se prêtent main forte et, adossés à la proue, remettent l'esquif à l'eau, synchronisant leurs efforts en entonnant une mélopée plus gaie que nos austères "oh! hisse"!

Le soleil, pâle, est levé; nous soulevons un pan de la toile qui entoure le bateau pour essayer de nous réchauffer un peu...

En début de matinée, nous prenons la direction d'un village nubien. Nous partons à travers la palmeraie

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et, devant ce tronc de palmier fendu dans le sens de la longueur, notre guide nous énumère les multiples usages de cet arbre, surtout dans la construction des maisons.
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Aucun espace de terre n'est négligé: entre les rangées de palmiers, tout espace est cultivé. Nous admirons au passage le système traditionnel d'irrigation: longs canaux (maintenant bétonnés!) et nous croisons ce vieux système mécanique, la "noria": grande roue à godets qui déverse l'eau dans les rigoles qui parcourent les champs et toute la palmeraie. Certaines sont encore utilisées.
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Encore quelques champs très verts...

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et nous voici sur la route d'où nous apercevons "notre" village... tout de bleu vêtu et adossé au désert...


La prochaine fois, on visite!

12.06.2008

En felouque !

De retour de Philae, nous nous dirigeons tout de suite vers les quais... Nous sommes accueillis par Khaled, notre chef-felouqier, un océan de bonne humeur qui, le verbe haut et manifestement connu de tout le monde, salue les uns et les autres... un sacré personnage!

Nous embarquons d'abord sur un petit bateau à moteur - le "MILAN" qui nous emmène à la felouque, amarrée sur les berges de l' Ile Eléphantine

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Voici nos navires avec, sur la gauche, la "passerelle" d'accès à la felouque: une simple planche et une perche de bois qui sert de rambarde...

Nos bagages sont transférés à bord, nous voici prêts à naviguer. Vogue la galère!


Oui, mais!!!

Eole fait des siennes et souffle avec trop de zèle dans l'immense voile de la felouque! Après avoir tiré deux bords en face d'Assouan, Khaled ne rigole plus, notre guide semble inquiet, l'embarcation penche sérieusement et notre poids certain... ne fait pas le contre-poids!

On nous avait dit, sur le ton de la plaisanterie, à la fin de notre séjour au désert blanc que, récemment, une felouque avait chaviré et que passagers et bagages s'étaient retrouvés à l'eau. On avait écouté celà avec une oreille distraite...

Prudemment, on accoste sur la rive opposée après cette brève navigation mouvementée. Avant le repas du soir, nous nous engageons dans la palmeraie voisine où nous trouvons le calme de la campagne. Le vent est toujours aussi fort et nous nous préparons pour passer notre première nuit à bord.

Le confort est spartiate! Le plancher aménagé sur la felouque est recouvert de coussins... pas trop épais. Au-dessus de nos têtes, une bâche de protection et, pour la nuit, une toile est disposée autour de notre couchage... mais laisse passer généreusement les courants d'air et, au mois de janvier, même en Egypte, les nuits sont plus que fraîches! On ne va quand même pas se plaindre!!!
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D'autre felouques ont du, elles aussi, stopper net leur navigation avec, en toile de fond, les palaces d'Assouan...

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<strong>La felouque parée pour la nuit
!

Après le repas du soir pris sur la felouque, assis en tailleur -pour les plus souples- ou "comme on peut" pour les autres... nous prenons nos dispositions pour la nuit, obstruant les orifices par où s'engouffre le vent, disposant nos bagages pour nous protèger et, prudents, conservons chaussettes et survêtement avant de nous glisser dans notre sac de couchage... et nous ne le regretterons pas!

06.06.2008

Vers Assouan...

Il faut se lever tôt car il nous faut regagner sans faute la rive Est du Nil et nous joindre au convoi routier des bus et camions qui, à sept heures précises, va se diriger vers ASSOUAN sous escorte militaire, sinon, il nous faudra attendre le convoi de l'après-midi.

Nous roulons une bonne partie de la matinée pour franchir les 230 km qui séparent les deux villes.Une halte est prévue à mi-parcours. A peine sortis du bus, nous sommes noyés dans un tourbillon de vendeurs qui nous vantent la qualité de leur marchandise.

Ce trajet par la route, entre les deux villes, permet de traverser un grand nombre de villages et de se faire une (très) petite idée de la façon dont on vit dans ces régions. Nous suivons presqu'en permanence la rive Est du Nil.

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Voici ASSOUAN.

Un minibus nous attend et nous nous dirigeons tout de suite vers les carrières de granit d'où furent extraites la plupart des obélisques de la Haute-Egypte. On y trouve surtout l' "obélisque inachevé": en effet, alors qu'elle était presque terminée, une félure apparut et il fallut abandonner les travaux. Longue de 41 m. et pesant environ 1200 tonnes, elle dépassait largement les obélisques existants. Il est passionnant de voir les techniques employées pour découper puis transporter ces dizaines de tonnes de granit!
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Nous continuons vers l'Ancien puis le Haut-Barrage d'Assouan: derrière, s'étend l'immense étendue du Lac Nasser.
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Une halte sur le barrage nous permet de prendre connaissance de ses caractéristiques techniques. C'est vraiment une oeuvre pharaonique!
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Nous reprenons la route et atteignons l'embarcadère pour aller visiter le fameux Temple de PHILAE

Vous savez certainement que ce temple a été déplacé et reconstruit plus haut, sur une île voisine, afin d'échapper aux eaux du Lac Nasser. La construction du premier barrage l'avais déjà à moitié inondé et on le visitatit en barque! C'est, ici encore, une oeuvre gigantesque et il faut avoir l'oeil exercé pour se rendre compte des traces de ce "déménagement"
L'approche du Temple, sur les eaux du lac est de toute beauté.
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Après les commentaires du guide, nous disposons d'un laps de temps suffisant pour flâner dans ce magnifique temple, sans être importuné par les dizaines de vendeurs habituels!
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En certains endroits, un éclairage approprié met en valeurs de magnifiques hiéroglyphes.
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Nous quittons Philae en contournant l'île, non sans un dernier regard sur le Kiosque de Trajan qui domine le lac.
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Mais.... la felouque, c'est pour quand?

Patience! nous regagnons la terre ferme, puis direction les bords du Nil à Assouan et nous embarquons...

03.06.2008

Sur la rive ouest du Nil, à Louxor.

Pour des raisons de sécurité, un certain nombre de sentiers que nous devions parcourir dans la Vallée des Rois viennent d'être interdits aux touristes. Il est vrai que l'importante présence de policiers, en uniforme et en civil, tous armés, crée une ambiance pesante... puis on s'habitue!

Après ces visites, notre guide nous envoie dans un restaurant...dont il est bien le seul à connaître l'adresse!

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Le cadre est fort simple, mais l'accueil chaleureux et les mets locaux succulents.
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Rien à voir avec les restos pour touristes des rives du fleuve, à Louxor.

Après déjeûner, toujours à pied, nous voici en route vers le Temple de Medinet Abu. Sur le chemin, des gamins, grignotant un bout de tige de canne à sucre, nous abordent... et,avec un beau sourire, nous demandent des crayons...
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Nous visitons cet immense temple, attentifs aux explications savantes de notre guide...

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Parfois, lorsque la lumière joue avec les gravures sur les énormes piliers, dont certaines ont conservé quelques traces de peinture, je tente une photo... au moins pour en conserver le souvenir...
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Vous assurer que nous avons beaucoup retenu les explications savantes et fort documentées de notre guide... ce serait mentir! D'ailleurs, les jours suivants, lors d'interrogations orales-surprise, nous lirons tout le désarroi sur son visage, devant nos réponses approximatives ou franchement nulles! La Triade Thébaine, vous connaissez? Moi, j'ai su!... mais je vais revoir mon guide-papier, car, quelques mois après, il m'en manque un! Et puis, décidément, il y a trop de dynasties pour nos petites mémoires!

En fin de journée, retour vers le Nil où nous logeons, toujours sur la rive ouest, à El Fayrouz Hotel, dans un quartier populaire. Repas dans le jardin puis nous montons sur le "roofgarden" pour jouir d'une vue sur les rives illuminées du Nil. Tout près,sous nos fenêtres, beaucoup de musique: c'est jour de mariage et cela se prolonge tard dans la nuit avant que, vers 5 heures du matin,ne résonne l'interminable appel à la prière à la mosquée toute proche; qu'importe! notre lever est prévu à 5h30...

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