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06/02/2010

Etape 12 : Romita di Cesi - Terni... La Verna...

Excellente et calme nuit dans le noir le plus complet à la Romita di Cesi.  Nous nous retrouvons tous pour le petit déjeûner dans le grand réfectoire éclairé par une petite ampoule électrique qu'alimente le panneau solaire.

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Avant de nous engager dans le très beau sentier, un dernier regard sur le clocheton de cet ermitage où nous nous sommes sentis si bien!
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Chemin faisant, nous prenons la décision d'arrêter aujourd'hui notre pélerinage car le temps est proche où nous devons rentrer impérativement à la maison; de toute façon, nous n'aurions pas le temps de terminer le parcours jusqu'à Poggio Bustone.
Nous faisons ce choix sans regret car on ne pouvait souhaiter meilleur terme (provisoire?) à ces douze jours de compagnonnage avec François que dans cet ermitage où l'on retrouve son esprit.
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Le sentier qui nous conduit jusqu'à la route de Cesi est parfois ardu et même glissant mais c'est un "vieux chemin", raboté, au cours des siècles, par le passage des hommes et des bêtes. 
 La descente sous bois est raide; d'un côté, un mur de pierres sèches; de l'autre, d'énormes blocs de rochers; par terre, un beau tapis de feuilles mortes.
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Alors que nous approchons de la petite ville de Cesi et que nous apercevons déjà la plaine de Terni et sa banlieue industrielle, nous décidons de rentrer vers La Verna aujourd'hui, de retrouver (espérons!) notre camping-car abandonné sur un parking de Chiusi de la Verna et de retourner, demain, passer la journée au Sanctuaire.
Nous prenons le car à Cesi pour Terni puis le train, par Orte, Arezzo, Bibbiena où nous prenons un car qui nous amène directement à Chiusi par une route oh combien sinueuse!
Nous retrouvons notre "roulotte" et nous rejoignons le camping... pour une lessive générale!
Comme prévu, le lendemain nous remontons à pied par le beau sentier qui monte sous bois de Chiusi au Sanctuaire. 
 Nous y retrouverons un grand calme: il y a peu de monde mais quel bonheur de se retrouver là, dans le silence, "à l'écoute"...
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Eh! oui... plus loin, il y a encore de beaux souvenirs de la vie de François et de ses frères... Le Sacro Speco... Greccio... Rieti... Fonte Colombo... Poggio Bustone...
Nous avons trouvé ce chemin de pélerinage merveilleux et nous ne pouvons que le conseiller aux "amis de François".  Se plonger dans sa vie avant de partir sera une excellente, voire indispensable, préparation.
Ciao!

04/02/2010

Etape 11 : Spoleto - Romita di Cesi.

L'étape de ce jour, longue de 28 kilomètres sur un terrain toujours aussi accidenté commence par une longue portion urbaine suivie d'une autre tronçon de nationale assez fréquenté... Hier soir, nous avons décidé de chercher une solution de raccourci...

Un sympathique policier municipal s'est "mis en quatre", téléphonant ici et là pour nous renseigner; finalement nous apprenons qu'un car s'en va dans notre direction vers 8h15...  Il vient nous indiquer le bon endroit pour prendre ce car.

Ce matin, nous quittons le ventre creux notre "villa" car la cuisine est fermée... Heureusement un Café est ouvert et nous nous sentons mieux pour aborder cette journée... Nous détestons partir l'estomac vide!!!

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Nous voici dans le square près de l'arrêt des bus entourés de centaines d'élèves qui s'engouffrent dans la noria incessante de cars qui se succèdent.  Voici le nôtre; il va nous conduire à 7-8 km d'ici, à La Madonna di Baiano, son terminus.  Il nous faut revenir sur nos pas pour emprunter - quand même! - le bord de la nationale très fréquentée.  Après quelques kilomètres, nous bifurquons sur une petite route tranquille et surtout bien à l'ombre!

Cette étape reste assez difficile avec beaucoup de montées et des chemins caillouteux. Nous partons de 324 m. à Baiano pour monter à 875 m. au lieu-dit Casa Cancelli, d'où l'on rejoint La Romita di Cesi qui se trouve à 782 m.  Par contre le paysage est varié et si beau en ce mois de mai.

 Je ne m'attarderai pas plus longtemps sur le chemin d'aujourd'hui ni sur ce beau sentier en sous-bois qui, dans la forêt, nous amène tout à coup à l'entrée de

la Romita di Cesi

 

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C'est, assurément, le lieu qui nous aura le plus marqué!
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La Romita (l'ermitage), certes, est beau, perdu dans la forêt;  son histoire remonte aux premiers temps du franciscanisme.
  Ici, les bénédictins avaient d'abord, construit une chapelle au X° siècle avant de la donner à François au XII° siècle; il la restaura et édifia autour des cabannes pour les frères. Des années après sa mort, on construisit un couvent "en dur".
C'est ici, surtout que le Poverello commença à composer les premières lignes de son magnifique "Cantique des Créatures".
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Jusqu'au début du XIX° siècle, ce monastère fut occupé par des communautés franciscaines avant d'être abandonné lors de le suppression des monastères en Italie et tomba en ruine.
C'est en 1991 qu'un frère franciscain entreprit de restaurer ce monastère, aidé de volontaires italiens et étrangers.  Malheureusement, nous n'aurons pas l'occasion de rencontrer ce fr. Bernardino, personnage "mythique", semble-t-il,  absent ce soir là.
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Nous serons accueillis par un jeune couple et leurs deux tous jeunes enfants qui donnent de leur vie et de leur temps pour vivre ici, dans un certain dénuement: pas d'eau courante (on récupère l'eau de pluie dans des citernes) ni d'électricité (sauf "un peu" fourni par un panneau solaire...).
Dans le cloître, magnifiquement fleuri, un bébé qui ne marche pas encore, s'amuse avec quelques jouets... Sa petite-soeur arrose les fleurs avec sa mère et s'en va s'essayer à actionner la pompe à main pour remplir son arrosoir...
Une vie toute de simplicité qui s'efforce d'être vraie...
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Jusqu'ici, nous avions vu, visité des lieux chargés d'histoire liée à François... côtoyé quelques religieux...
mais ici, c'est autre chose: ce sont, certes, de belles pierres mais surtout,
c'est une
 VIE
La petite chapelle, ouverte aux rayons du soir, paisible, invite au recueillement. 
 Un peu plus tard, nous nous retrouvons tous pour l'office de Vêpres: papa, maman, les deux petits enfants, deux autres jeunes sur le chemin de Rome, une jeune permanente de la Romita... mais aussi les chiens et le chat qui ne seront pas les derniers à prendre leur place et à se coucher dans un coin de la chapelle! et qui, le dernier signe de croix à peine entamé, seront les premiers à se diriger vers la sortie...
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Folklore! penserez-vous peut-être?  Je ne le vois pas ainsi...
Ce qui est certain, c'est que cette "VIE" à la Romita di Cesi, nous ne l'oublierons pas au point que nous nous demandons ce que nous pourrions trouver de "plus" dans les autre lieux qui nous restent à visiter...
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Nous prenons le repas du soir, frugal mais excellent, dehors, sous l'immense cèdre...
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avec vue plongeante sur le bercail ou co-habitent chèvres et moutons...
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La forêt brille sous les derniers rayons du soleil et au-dessus d'un vallon se devine dans le lointain la vallée de Terni...
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Nous dormirons ici, dans cette pièce voûtée... et plutôt fraîche, mais les couvertures ne manquent pas... 
Un dernier détail: avant le coucher, ne pas oublier d'aller remplir notre arrosoir à la pompe, pour nos ablutions matinales...

02/02/2010

Etape 10: Trevi - Spoleto

Ce mardi 19 mai 2009, nous quittons de bonne heure Trevi, perché sur sa colline pour rejoindre 18 km plus loin la ville de Spoleto.  Le soleil est déjà haut: il faut dire que depuis quelques jours, il est en particulière "bonne forme" et, nous dit-on, il est moins fort "d'habitude", à cette époque de l'année!

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A peine sortis de la ville, nous empruntons un chemin de terre et nous sommes entourés d'un immense champ d'oliviers; on vient de travailler autour des troncs: sûr que la récolte sera abondante!

Un peu plus loin, voici l'église de la Madonna delle Lacrime, entourée de cyprès.  Puis, alternant chemins de terre et passages bitumés, nous atteignons l'église de San Pietro in Bovara.  Dans les temps anciens était érigé ici un temple païen et la coutume voulait que l'on purifie les boeufs dans les eaux de la rivière voisine avant de les sacrifier aux dieux.

Dans la vie de saint François, on raconte q'un jour, voyageant dans la vallée de Spolète avec le frère Pacifique, ils furent hébergés dans une léproserie de Trevi et François dit à son compagnon:

 "allons à l'église de San Pietro di Bovara parce que, cette nuit, je veux rester là".

  Cette église était à l'abandon car Trevi, toute proche, avait été détruite par les luttes qui opposaient les cités de la vallée. 

François, ayant renvoyé son compagnon, passa la nuit seul en ces lieux et  dut affronter des tentations...  Les ayant repoussées, il rejoignit "le lieu où il s'était d'abord allongé; il se reposa et dormit en paix".

Au lever du jour, frère Pacifique revient et voit François en prière dans le choeur de l'église, devant l'autel.  Pacifique se met aussi en prière et  il a une vision: dans le ciel, un trône est préparé pour François et une voix dit: "ce trône fut celui de Lucifer et à sa place s'y assoiera François"...

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Nous quittons ces lieux et devant nous, au sommet d'une colline voici le Château de Pissignano.
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 une bonne grimpette en perspective pour se dégourdir les jambes... et comme ça ne suffit pas, une erreur de parcours "rallonge un peu la sauce"... et j'en oublie de faire quelques photos... (d'où celle-ci, "piquée" sur internet...)
Le village de Pissignano est calme; quelques boutiques d'artistes et une vue magnifique sur la vallée.  J'allais oublier! "notre" mont Subasio se détache toujours sur l'horizon, immense calotte ronde et chauve...
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Photographiées dans je ne sais plus quelle église, ces deux peintures représentant la Vierge allaitant son Fils.
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Voici une signalisation qui rappelllera quelque chose aux anciens "jacquets": le mariage des flèches jaunes de Compostelle et du Tau des chemins vers ou autour d'Assise...
Dans la vallée coule la rivière du Clitunno...
En descendant de Pissignano, nous débouchons sur la Via Flaminia et un peu plus loin, un hâvre de fraîcheur:
 les Sources du Clitunno
De nombreux filets d'une eau limpide sortent de la colline et alimentent un petit lac.  Ce lieu est connu depuis l'antiquité: Pline en parle dans ses Lettres comme d'un lieu enchanteur et plus près de nous, il inspira aussi Lord Byron...
Nous continuons sous la chaleur, délaissant le village de San Giacomo et son église où l'on peut admirer des peintures racontant le miracle du "pendu-dépendu" sur le chemin de Saint-Jacques à Santo Domingo de la Calzada...
La route est encore longue jusqu'à Spolète et l'entrée dans la ville nous semble bien éprouvante, sous le soleil.  Nous arrivons enfin à notre point de chute, la Villa Redenta, immense domaine au milieu de jardins fleuris, ouvert à toutes sortes de manifestations musicales et autres.  Une partie est réservée à l'hébergement mais n'ouvre qu'en fin d'après-midi; nous patientons.
Nous retournerons plus tard en ville pour une visite un peu rapide de cette belle ville de Spolète... aux rues "pentues"et parfois étroites! Que voulez-vous, il faut toujours grimper, même en fin de journée!
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mais nous ne sommes pas déçus en découvrant la façade romane de la Cathédrale
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et cette magnifique mosaïque entourée de rosaces.
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On remarque encore cette place constituée d'un immense escalier qui descend vers l'esplanade la cathédrale
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Au-dessus de la ville, la "Rocca", le château date du 14° siècle.
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Dans la cathédrale, outre la peinture du Couronnement de la Vierge, de Filippo Lippi, on peut admirer des stalles aux marquetteries remarquables.
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Mais comment ne pas être impressionnés, lorsqu'on chemine en compagnie de saint François, par ce modeste reliquaire conservé dans la chapelle des reliques et qui renferme un tout petit parchemin de 13x6 cm, parfaitement conservé: c'est la
lettre autographe de François à frère Léon.
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"Frère Léon, salut et paix de ton frère François.  Je te dis ceci, mon fils, comme une mère, que toutes les paroles que nous avons dites en chemin, je te les résume brièvement dans ce mot et ce conseil, et même si après il te faut venir à moi pour un autre conseil, voici: de quelque manière qu'il te semble meilleur de plaire au Seigneur Dieu et de suivre sa trace et sa pauvreté, fais-le avec la bénédiction du Seigneur Dieu et ma permission. Et si cela est nécessaire pour ton âme ou pour une autre consolation, et si tu désires simplement, Léon, venir me voir, viens."
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Un dernier regard sur la vallée environnante...
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alors qu'un "gatto" prend le frais dans un courant d'air...

28/01/2010

Etape 9 : Spello - Foligno - Trevi.

 L'étape de ce jour, longue de 14 km, commence par un désagréable tronçon d'environ 4 km le long d'une route très fréquentée et plutôt dangereuse; nous nous disons, voyant les nombreux trains qui passent derrière la haie, tout près de nous, que nous aurions mieux fait de patienter quelques minutes à la gare de Spello et de faire le trajet jusqu'à Foligno en train...

Nous traversons Foligno - patrie de Sainte Angèle - dans toute sa longueur; nous nous arrêtons à la Cathédrale dont l'intérieur rappelle Saint-Pierre de Rome -d'où son surnom de "piccolo San Pietro"-  et  sur les conseils d'un passant, nous allons à la découverte d'un palais remarquable avec une cour monumentale que l'on ne soupçonne pas de l'extérieur.  Par contre, la place centrale est bordée de palais imposants dont certains sont toujours en travaux de consolidation suite au tremblement de terre qui secoua cette région il y a une dizaine d'années et fit beaucoup de dégâts, notamment à Assise.

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Nous parcourons cette étape relativement courte sous une forte chaleur orageuse (environ 30°c) et peu d'ombre... Foligno est située dans la plaine... c'est presqu'une exception dans cette partie de l'Ombrie où villes et villages sont généralement construits sur les hauteurs.
Mais tôt ou tard, il faut bien quitter la plaine et ne pas s'endormir... En effet, voici, à l'horizon, Trevi... perchée sur sa hauteur... à 425 m. d'altitude.
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Nous savons ce qui nous attend pour agrémenter cette fin d'étape: nous ne serons pas déçus par les derniers kilomètes qui nous conduisent directement sur la place principale de Trévi où des tables sous un grand arbre nous invitent à quelque repos et à nous rafraîchir... mais l'orage arrive plus vite que le serveur: nous nous replions à l'intérieur de l'établissement...

Le calme revenu, nous partons à travers les petites ruelles étroites, pavées de pierres rondes, à la recherche du monastère de Santa Lucia des soeurs bénédictines où nous sommes bien accueillis.  Nous avons même la possibilité de faire notre cuisine... il nous faut donc remonter au centre pour faire nos emplettes... mais, voulant visiter un peu la ville, nous aurons quelques difficultés à retrouver notre "chez nous" à travers ce dédale de ruelles.

Au temps de saint François...

On se rappellera que François s'était mis en route, avec cheval et armure, pour rejoindre Gautier de Brienne; arrivé à Spolète, suite à un songe, il arrêta là son expédition pour retourner à Assise.

Une autre fois, -raconte Thomas de Celano-  venu à Foligno à cheval, chargé de tissu, il vendit cheval et marchandise et avec l'argent, il se rendit à San Damiano et donna ses deniers au prêtre pour réparer l'église mais...

"Le prêtre, étonné et surpris par un changement aussi subit [dans la vie de François], ne voulait pas y croire et pensait qu'on se moquait de lui.  Mais François s'obstine: il tente d'inspirer confiance en ses paroles et de toutes ses forces supplie le prêtre de lui permettre de demeurer près de lui.  Le prêtre consentit au séjour mais refusa l'argent dans la crainte des parents.  C'est pourquoi François, qui véritablement n'avait que mépris pour l'argent, montra qu'il le consifdérait comme de la poussière en le jetant dans le coin d'une fenêtre."

 A Trevi, on rapporte qu'un jour, alors que François prêche sur la place, voici qu'arrive un âne; effrayé par tant de monde, il se met à courir dans tous les sens, et François de lui dire:

"Frère âne, reste tranquille et laisse moi prêcher.  Et voici que l'âne se calma aussitôt, mis la tête entre ses pattes et resta tranquille en grand silence"...

L'église S. Francesco fut construite au 13° siècle en souvenir de cette prédication du Poverello...

26/01/2010

Etape 8 : Assise - Spello.

Il y a deux ans, nous étions restés deux jours à Assise.  Nous avions visité la ville et surtout passé des heures inoubliables à San Damiano.  Nous ne nous attarderons donc pas cette année à Assise.

A la "Perfetta Letizia" qui, cette fois encore, nous héberge, c'est la grande effervescence: demain, en effet, deux jeunes qui se sont connus sur le chemin, vont se marier à S. Maria degli Angeli et les agapes qui suivront se dérouleront au "gîte"... En fin d'après-midi, nous nous dirigeons avec nos amis italiens et quelques autres pélerins vers la chapelle de la Portioncule, dans la basilique, pour recevoir la bénédiction des pélerins.  Nous sommes là, dans cette minuscule chapelle, aux origines de  l'ordre franciscain...  La "présence" de François est ici...

Nous quittons, le lendemain matin, nos amis italiens qui s'arrêtent ici.  C'est à regret que nous nous disons au revoir sur l'esplanade de la basilique avant de prendre le bus qui va nous monter tout là-haut, à la Piazza Matteotti, tout près de  cette porte, la "Porta Cappuccini".

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Nous entamons, sous la chaleur, la dure montée (500 m. de dénivelé) sous la verdure des pentes du Mont Subasio, vers l'ermitage des Carceri par un chemin rocailleux qui nous oblige à de fréquentes haltes pour reprendre notre souffle: ce chemin n'a rien d'une ballade de santé et chasse de notre corps toutes les toxines accumulées!
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Peu avant l'ermitage, heureusement, la pente s'adoucit et entre les arbres, notre regard découvre la plaine de Foligno et plus largement, la plaine de Spolète... Puis, ô ironie! on débouche sur une route qui descend à l'ermitage des Carceri.
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Les Carceri.
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Les "carceri" signifient littéralement les "prisons" mais, dit Francesco GIOIA:
"dans le dialecte de l'époque, à Assise, 'carcere' signifiait 'retraite': dans ce cas précis, il s'agissait de la retraite des moines bénédictins du mont Subasio qui avaient construit un minuscule oratoire dédié à la Vierge, à 800 mètres d'altitude, dans une forêt de chênes qui existe encore..." (p. 47).
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Ici, comme à la Verna, l'ermitage est agrippé à la roche
avec un abrupt impressionnant, tandis qu'au delà de la forêt épaisse, on devine la vallée de Spolète.  Lieu de grande solitude, à l'origine... mais maintenant une route arrive ici et les taxis déversent un flot ininterrompu de touristes...
Au temps de François, les frères vivaient dans des abris taillés dans des grottes sur les versants du mont. Ils se retrouvaient pour la prière commune. 
 Le Poverello voulait que les frères aient des périodes de "retrait" de la vie active pour se consacrer à la contemplation avant de repartir sur les routes vers les gens: action et contemplation devaient être inséparables et se nourrir l'une l'autre.  A l'époque, cette vision des choses était novatrice.
Malheureusement, nous ne pourrons voir ni la chapelle, ni la grotte où se retirait François: tout est fermé!  Dommage!
Nous reprenons la route, toujours en montant avant de nous engager dans un sentier balisé qui débouche bientôt sur la prairie sommitale du Subasio, là où "le mont étale son crâne tonsuré" (Julien GREEN)
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La vue est magnifique!
Tout en bas, Assise, "vu du ciel", se repose sur les flancs de sa colline; La Rocca Maggiore est bien visible ainsi que les clochers des églises... Nous prenons conscience du dénivelé que nous venons d'affronter.
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Pendant quelques heures, nous allons prendre notre temps sur le crâne presque chauve du Subasio, parcourant sans hâte ni fatigue, les sentiers: un petit vent et quelques nuages atténuent les rayons du soleil...
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Nous faisons de nombreuses haltes, guettant avec regret le moment où Assise va disparaître à notre vue. 
Une autre partie de notre pélerinage commence: nos amis ne sont plus là, Assise est derrière nous... il y a un petit brin de nostalgie!
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La longue vallée de Spolète s'étend, immense, à nos pieds: on aperçoit Trevi et Foligno et dans le lointain, Spolète.  Notre ville-étape, Spello, est à proche mais cachée à notre regard par un petit mont.
Nous nous sentons si bien sur ces sentiers que nous manquons celui que nous devions emprunter pour amorcer la descente vers Spello...  Nous importunons deux amoureux pour demander notre chemin... et retrouver la Fonte Bregno.  
 Nous jetons un dernier regard sur la vallée avant de nous enfoncer sous les arbres...
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et de déboucher sur un chemin rocailleux,  entourés d'oliviers; nous sommes en vue de Spello, perchée sur un petit mont, magnifique  ville moyennâgeuse, entourée de remparts et percée de trois belles portes; les rues sont étroites et fort pentues!
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Nous sommes très bien reçus par les religieuses du couvent "Piccolo San Damiano", qui nous accueillent à leur table pour le repas du soir.  De la terrasse de leur communauté, la vue s'étend, dans la lumière du soir, large et apaisante, sur la vallée de Spolète.
Spello, Foligno, Spolète... que de fois, dans la vie de François, on entend parler de ces villes, par exemple à l'occasion du
 Chapitre des Nattes...
François avait, en effet,  décidé que, chaque année, à la Pentecôte, tous les frères devaient se retrouver à Sainte Marie des Anges, dans la plaine au pied d'Assise, pour une réunion appelée "Chapitre" où l'on écoutait le Poverello et où l'on "échangeait" sur la vie de l'ordre naissant.
Les premières années, l'assistance était encore "modeste"...  mais vers 1219, la foule des disciples avait tellement grandi que c'est environ 5000 frères, venus de toute l'Europe, qui se retrouvèrent à Ste Marie des Anges...  Les Fioretti (ch.18) rapportent que le cardinal Hugolin, venu visiter cette assemblée:
"voyait dans cette plaine autour de Sainte Marie des Anges, les frères assis par groupes, ici soixante, là cent, ailleurs deux ou trois cent réunis et tous occupés seulement à s'entretenir de Dieu, plongés dans la prière, dans les larmes, dans les exercices de charité, et se tenant dans un tel silence avec une telle modestie qu'on n'entendait là ni rumeur ni murmure. (...)
Et il y avait dans ce champ des abris faits de claies et de nattes, répartis en groupes selon les frères des diverses provinces.  Et ce chapitre s'appela pour cela les chapitre des claies ou des nattes.  Leurs lits étaient la terre nue, et quelques uns avaient un peu de paille; les oreillers étaient une pierre ou du bois."
Et l'on venait de tous les environs, riches ou pauvres, écouter le Poverello... Or, une si grande foule nécessitait tout de même une certaine "intendance"!
"Le pasteur suprême, le Christ béni, voulant montrer comment il a soin de ses brebis et quel amour singulier il a pour ses pauvres, inspira aussitôt aux gens de Pérouse, de Spolète, de Foligno, de Spello, d'Assise (...) de porter à manger et à boire à cette sainte assemblée.  Et voici tout à coup venir de ces lieux des gens avec des bêtes de somme, des chevaux, des charrettes, chargés de pain et de vin, de fèves et de fromage, et d'autres bonnes choses à manger, selon qu'il était nécessaire aux pauvres du Christ.  Outre cela, ils apportaient des nappes des cruches et des verres et d'autres vases qui étaient nécessaires pour une telle multitude"...
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